Kayak de nuit

Sous le vent de Paimpol, dans la lumière grise,
le jour était déjà parti comme un voleur.
La mer était sereine et la légère brise

sentait bon l’algue fauve et les ajoncs en fleur.

Que faisaient dans la nuit ce fin vaisseau de toile
et moi, faux Inuit, insoucieux des lois ?
J’avais mis simplement le cap sur une étoile :
ainsi s’orientaient les marins d’autrefois.

En rupture d'estran depuis le crépuscule,
mon intrépide esquif jouait au funambule
sur des flots ténébreux mais riches de plancton.

 

Chaque coup de pagaie ouvrant des étincelles

de navicules bleues aux flancs de ma nacelle,

je crus ouïr au loin le chant de l’alcyon.