Le Ptyx

S’il s’était écrit avec un i, cette voyelle anodine qu’Arthur Rimbaud voyait rouge, le ptyx aurait au mieux servi de nom de guerre à un irréductible gaulois.

 

Son y lui fait changer radicalement d’envergure. L’hellénitude de cette voyelle — étrangement ignorée par le voyant des Ardennes — lui confère en effet cette dictinction qu’ont les vrais aristocrates et dont usent et abusent nos faux-amis d’Outre-Manche.

 

Mais sans l’intervention de Mallarmé, cette noblesse orthographique n’aurait pas suffi à le propulser au premier rang des hapax.

 

Quand bien même il ne vît en lui qu’un « aboli bibelot d’inanité sonore » dont la seule vertu était de rimer avec Styx, le ptyx doit rendre grâce à l’auteur des « Purs ongles très haut » pour l’avoir propulsé au rang des substantifs les plus prestigieux de l’imaginaire poétique.