Diabolo mante

C’est un bout de campagne, oublié rue Verlaine, plein de ronces rampantes et de liserons bleus. Juchée sur un fétu la tigresse de l’herbe dodeline du chef. 

 

Un lézard, qui passait par hasard analyse : "Ce bel insecte vert est bien appétissant, mais sa patte de fauve, un tantinet tranchante, peut porter préjudice au reptile innocent." 

 

Qu’il vole ou rampe ou crapahute, tout un chacun peut être écharpé par les monstrueux mandibules. Papillon, coccinelle, abeille…

 

Rien ne peut assouvir son ignoble appétit. Avec une ferveur digne d’une bigote, la mante, après l’amour, dévore son amant.