La lune comme un coquillage

Me revoilà sur la brouette,

C’est de mes rêves le transport

Le plus simple, le plus chouette

Surtout qu’il se rit de la mort 

De mon aïeule -triste sort-

Qui me cornaquait du village

Au lavoir où parfois s’endort

La Lune comme un coquillage.

 

 

Que d’émois sur cette navette :

Tantôt corsaire ou chef de bord

Ou brigand dans une estafette,

Chef de traîneau dans le Grand Nord,

Marin qui s’en revient au port,

Aligne, exotique étalage,

De son périple –import-export-

La Lune comme un coquillage.

 

 

Glaive au clair ou la baïonnette,

Seul, sans armée et sans renfort,

La voisine, la Blondinette

S’imagine que je suis fort,

Que j’affronte Diable et consort,

Mais sur le chemin de halage

J’espère, quand le soleil dort,

La Lune comme un coquillage.

 

 

Mamie, ose un signe à tribord

Est-ce Toi, là, dans le feuillage ?

Mamie, ose un signe à bâbord, 

Es-tu sur la Lune, en voyage ?