Le grand bazar

Des mots éparpillés sur mon chevet

En vrac, sans aucun style

Les smokings sentent la naphtaline

Remisés depuis tant de temps au placard

Dans un coin gisent des rimes chiffonnées

Les vers rapiécés pendent sur des cintres

La garde-robe du poète prend la poussière

Avis de recherche placardé aux lambris

Tailleur demandé pour relooking de lettres

Séance de lifting pour botoxage de syllabes

Les pieds s'offrent à nu pour une manucure

Dans le miroir de l'âme, un reflet où se mirer

Image contre image dans le bris d'un sentiment

Sur la moquette, l'homme allongé s'assoupit

Que dérivent les poussières d'étoiles utopiques

Que s'éteignent les lumières de la réalité 

Pour qu'enfin naisse ce poème

 

Eathanor