Les giléjaunes

Comme un vol de serins, hors du bosquet natal,

fatigués de porter leurs misères hautaines,

tout de jaune vêtus, soutiers et capitaines

partaient, ivres d’un rêve héroïque et brutal.

 

Amateurs de musette ou de country-métal,

ils ont appareillé pour la ville lointaine,

répondant aux appels diffusés par l’antenne

ou les résoçociots du monde occidental.

 

En route ils espéraient des lendemains épiques

tels ceux que perpétraient sous l’azur des Tropiques

d’autres gilécitrons sur des sables dorés.

 

Pilotant leurs 4/4 comme des caravelles,

ils allaient découvrir des plaisirs ignorés

 

et aux Champs-Elysées des ivresses nouvelles.