Sonnets funambulesques

Cinq heures du matin. Seul sous le ciel immense, je barre, un peu vanné, le sloop en frêne blond. Sous le roof, les copains ronronnent en cadence dans dans de mauves senteurs de fauve et de houblon. Nous allons au bon plein sous une jolie brise (environ douze nœuds fraîchissant au Noroît) . Je bois à pleins poumons l'iode qui me grise et me piquote aussi car j’ai le nez tout froid. Cinglant au ras des flots, un goéland nous frôle. Le vent monte d'un cran. Notre nef caracole. Je plane,...
Une senteur nauséabonde émanant de son bel évier, la romanesque Floribonde a mandé le jeune Olivier. Inspiré, l'humeur vagabonde, autant qu’un barde à son clavier, il dévisse l'écrou de bonde en ce clair matin de janvier. En position mahométane, dans les effluves de méthane, il offre au regard son aubier. En cette fraîche matinée, la dame est comme fascinée par son sourire du plombier.
C’est un sonnet chelou pondu par un barlou un tantinet vénère dit Gérard de Verlan Fait d’un drôl’ de cétère, d’un quatrain fokeulou et d’un quintil relou l’est pas très ribleutère. Ce Gérard de Verlan qui ne kiff pas guirlan l’a torché en gotarre (le top du gageulan), au Pub du Terneulan comme il sied aux souillares.
Après s'être absenté trop longtemps de Bretagne, notre ami le soleil est enfin de retour : à Plonéour-Lanvern, on se croit en Espagne à Lampaul-Plouarzel on se croit au Darfour. Chacun fait ce qu'il peut face à la canicule : l'un glande, dévêtu, sous le ventilateur, l’autre sort du frigo des bières majuscules. Je préfère écouter l'avis de mon docteur. Quand la bruyère grille au faîte des collines, quand sur mon front chenu la sueur dégouline et que le ruisselet s’assèche au...
Jéremy n’aim’ ni les romans, ni les poèmes. Les deux lui ont valu trois sur vingt au brevet. Lors en cours de français, cet as des théorêmes se déconnecte vite et se prend à rêver. Il aime imaginer les longues parallèles qui sans un seul écart cinglent vers leur destin. Comme un couple de rails en titane, si frêles qu’une épeire aurait pu les filer au matin. Où va, s’étonne-t-il, ce chemin rectiligne quand il sort de la feuille et fonce vers les murs ? Peut-il les...
Il fallait être siphonnée, et bien plus qu’un peu croyez-m’en, pour s’offrir cette randonnée sous la fureur des éléments. Et vous voici désarçonnée de vous trouver sans vêtement sec. Zeus vous a cruellement et joliment asaisonnée. Pour éviter le coryza je crois qu’il vous faut chère Isa vous dévêtir de toute urgence afin de vous chauffer aux feux du foyer et de quelques jeux. C’est, je crois votre seule chance.
Après un long voyage, Ulysse est de retour. Ne restent à franchir que dix milles encore. Il reverra ce soir la dame qu'il honore et d'un beau caillou blanc marque déjà le jour. Six mois plus tôt, le brave entreprenait le Tour du Monde et ses amis, qui s’abreuvent au Flore, se sont tous dévoués pour s’occuper d’Aurore, la pauvrette assignée à bien morne séjour ! Le bel aventurier, sans doute aurait-il dû réfléchir à deux fois devant ce temps perdu par celle dont le coeur ne...
Dans les estaminets d’Evreux et des communes limitrophes, qui ne connait le Philosophe, et ses axiomes nébuleux ? Il a la mèche en apostrophe sur un beau front tumultueux et compose parfois des strophes en l’honneur des justes-milieux. Car le brave est aussi poète. « C’est fou ce qu’il a dans la tête ! » estime-t-on dans les bistros qu’il honore de sa pratique et nombreux sont les éthyliques pour écouter le maestro.
On peut à l’infini disserter de la chose se gratter l’occiput comme pour un défi en vers comme Verlaine ou tout bêt’ment en prose l’amphigouri consiste à se gourer d’amphi. Que faire en un amphi à moins qu’on s’y repose ? et s’en gourer n’est point sujet à rififi. Les savants parleront ici d’amphiarthrose. Loin de moi le dessein de n’en point faire fi. Un amphibien, souvent, se pose en philanthrope et aime à observer les ciels au périscope dans l’espoir insensé...
Comme leur épithète l'indique

Afficher plus