Vers en vrac

Dans l’intrépide espoir d’attirer vos faveurs je cueillerai des mots cristallins et fragiles pour les associer de mes doigts malhabiles ainsi que l’on compose une gerbe de fleurs. J’y glisserai désir, libellule et couleur, si doux à votre oreille, entre plume et Virgile, et pour flatter la mienne, ivre et porte-bonheur. Surgis de nulle part à la pointe du jour, puissent ces simples mots cueillis en ribambelle illuminer le noir profond de vos prunelles ainsi que le ferait une chanson...
Lorsque se fermera mon pépin polychrome et que je servirai de pâture à l’Ankou, peu friand de moisir tout seul au fond d’un trou, puissè-je à l’instant t me changer en fantôme. Des folâtres esprits, je suivrais le monôme, affublé d’un suaire un tantinet foufou. Je m’y suis entraîné du temps que j’étais môme. Puis, j’irais lanterner dans les ombres myrteux, dans l’espoir d’y croiser l’âme-soeur fantômette, celle qui, s’enflammant autant qu’une allumette, me...
J'ai voulu ce matin vous rapporter des mûres, ce cadeau de Cérès aux gentils vacanciers. pour que nous en fassions d'exquises confitures. Hélas ! Un autre a dû passer, très tôt, par le roncier. Lors j'en ai si peu pris que nous ferons ceinture. Il faudra, les enfants, que vous vous en passiez. J'ai voulu ce matin vous rapporter des mûres, ce cadeau de Cérès aux gentils vacanciers. Soucieux néanmoins de ma progéniture je suis passé chez notre excellent patissier, prendre un...
Comme Papy Ronsard, le soir, à la chandelle, assis au coin du feu, rimaillant et rêvant, à mon vieil écritoire et parfois sommeillant, je cisèle ces vers pour ma tendre gazelle. En cette fin d’automne, elle est toujours plus belle et ressent les bienfaits d’un précoce printemps. Ma plume se régale et mon cœur tourterelle. Ma gazelle a les yeux qui changent de couleur : de l'ardoise au saphir, du noir au bleu marine, émeraude au soleil, céladon quand il bruine, au gré de la...
Hier, le colonel Hiver, que l’on pensait plus coriace sous son austère carapace, a connu son premier revers. Surgie des rives espagnoles, une escadrille de cirrus, aux ordres du fringant Phoebus, s’est lourdement payé sa fiole. Escagassée par un zéphyr la glace a fondu comme neige sous les yeux du piteux stratège à son suprême déplaisir. Depuis ce matin, les narcisses, les iris et les boutons d’or ont accentué son supplice. L’Hiver en a perdu le Nord.
Au carré de l'Hypoténuse en relâche à Vladivostock l’antique transistor diffuse en grésillant un bon vieux rock On a le blues et on écluse on dégringole bock sur bock, au carré de l'Hypoténuse en relâche à Vladivostock. Tout droit sorti de la cambuse avec un filet de haddock, on sert du confit de méduse une lubie du maître coq. Au carré de l'Hypoténuse
Plutôt que larmicher en prose des versets noirs comme l’onyx, pour enchanter nos pluviôses, pourquoi ne pas rimer en x ? Ça grille les humeurs moroses et vous transmute en Obélix. Plutôt que larmicher en prose des versets noirs comme l’onyx, torchons des rondeaux virtuoses en nous gratouillant l’anthélix et pour clore en apothéose, osons mobiliser le ptyx, plutôt que larmicher en prose.
Madame, s’il vous plaît, mettez-moi deux baguettes et comme on est dimanche, un flan au caramel. Bien cuites s’il vous plait, j’aim’ bien quand ça craquette, avec d’aussi bon pain, c’est tous les jours Noël. Chez Bébert le boucher, j’achét’rai des côt’lettes d’agneau de pré salé venant de l’archipel. Madame, s’il vous plaît, mettez-moi deux baguettes et comme on est dimanche, un flan au caramel. Après le déjeuner, avec ma gigolette, nous irons à la mer dans...
Après un long voyage, Ulysse est de retour. Ne restent à franchir que dix milles encore. Il reverra ce soir la dame qu'il honore et d'un beau caillou blanc marque déjà le jour. Il a, par SMS, prévenu Pénélope. Après un long voyage, Ulysse est de retour. Poussé par le suroît, son trimaran galope, après avoir du monde effectué le tour. Cependant qu’il courait les océans sans borne, ses amis consolaient sa frangine d’amour. Après un long voyage, Ulysse est de retour avec, pour...
Esseulée dans son soliflore, la rose rouge a le bourdon. Un premier pétale, à l’aurore, est tombé sur le guéridon. Resplendissante hier encore, elle sent venir l’abandon. Esseulée dans son soliflore, la rose rouge a le bourdon. Désespérée, la fleur implore de Chloris en vain le pardon, Mais la déesse la déflore et la change en cynorrhodon, esseulé dans son soliflore.

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